Note de Josh Duncan

28 mai 2013


Salon européen des produits de la mer

Salon européen des produits de la mer, Bruxelles 2013

Merci de m’offrir la possibilité de vous faire part de quelques réflexions et commentaires sur ma participation au nom du B. C. Salmon Marketing Council au Salon européen des produits de la mer 2013 qui s’est tenu à Bruxelles. C’est une occasion en or qui m’a été donnée de participer à la plus grande foire de produits de la mer du monde et de profiter de cette expérience pour tisser des liens et présenter au monde les produits et programmes que nous avons ici en Colombie-Britannique.

Le Pavillon du Canada était bien présenté et offrait à ses visiteurs beaucoup d’énergie positive et de bons communicateurs des côtes Ouest et Est du Canada pour répondre aux questions et demandes de renseignements de représentants venant de partout dans le monde.

Qu’est-ce que je retire de cette première expérience comme participant au salon?

Eh bien, il est assez évident qu’il y a encore de la place sur les marchés mondiaux pour les produits de la mer canadiens, mais la concurrence la plus forte pour nous ne vient pas des autres pays et des pêches saisonnières; la principale menace pour nos pêches d’espèces commerciales sauvages est et restera les poissons, mollusques et crustacés d’élevage. Cette année, en 2013, la situation est particulièrement intéressante, car c’est la toute première fois qu’à l’échelle mondiale la production de poissons, mollusques et crustacés issus de l’aquaculture dépasse celle des espèces sauvages; les consommateurs de la planète dépendent autant sinon plus des produits de la mer issus de l’élevage que des produits de la pêche en milieu naturel.

Un autre point important qui a été au centre de nos discussions en Europe et avec les marchés européens, ce sont les tarifs d’importation associés à l’Union européenne (UE) et aux pays fournisseurs de l’extérieur comme le Canada. Avec des tarifs pouvant atteindre 20 % de la valeur du produit entrant sur les marchés de l’UE, il est très difficile pour beaucoup d’entreprises canadiennes d’arriver à dégager un bénéfice marginal vu l’importance des taxes appliquées sur nos produits canadiens. L’accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE est une entente très importante à conclure afin d’aider à éliminer ces taxes et d’autres frais et tarifs élevés à payer pour faire affaire avec des pays membres de l’UE. Bien que cet accord n’ait pas encore été conclu, nous devrions tous prêter une attention particulière aux discussions qui auront lieu au cours des prochains mois.

Je participe à la pêche commerciale ici en Colombie-Britannique et je suis une personne qui s’investit le plus possible dans les pêches et les programmes actuellement offerts. À ce titre, je fais partie du programme national ThisFish, qui met en valeur la provenance des prises et la traçabilité des poissons. La traçabilité est au centre de la durabilité et de la sécurité alimentaire dans 99,9 % des marchés et pays qui étaient représentés à Bruxelles. S’il est un thème commun à retenir du Salon européen des produits de la mer de Bruxelles, ce serait justement celui de la traçabilité : où le poisson a-t-il été pris? quel jour? où a-t-il été transformé? quel jour? quelle est la durée de conservation du produit frais? Autant de questions très importantes auxquelles le programme de traçabilité ThisFish permet de répondre facilement.

L’optimisme règne pour les jeunes pêcheurs comme moi, mais il est difficile de développer un créneau solide et fructueux sur le marché canadien en raison de nos QIT et permis qui limitent la participation et l’accès à chacune des pêches ici au pays. Il n’y a PAS de programmes de financement d’immobilisations ni de cautionnement pour l’accès à du financement, non seulement pour les pêcheurs et leurs bateaux, mais aussi pour les transformateurs de poissons. Ce financement pourrait nous aider tous à accéder à des marchés mondiaux plus solides avec des produits finis, plus frais et de meilleure qualité.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada espère vivement voir les flottilles de pêche, les transformateurs et les pêcheurs canadiens participer à une course mondiale conçue pour les purs-sangs; mais nous sommes là à la barrière de départ et courons sur des poneys. En tant que pêcheur qui pêche à la fois au Canada et aux États-Unis, je trouve gênant de voir la différence entre les flottilles et les installations de transformation des deux pays, résultat des centaines de millions de dollars investis dans les infrastructures locales et la revitalisation des flottilles par le gouvernement fédéral et ceux des États.

J’ai 34 ans et je suis capitaine d’un bateau qui en a 50 cette année. L’un de nous deux va partir avant l’autre. Alors, comment fait-on pour financer des acquisitions à long terme dans le secteur de la pêche quand l’incertitude continue de planer sur les stocks? De plus, le marché, ce soi-disant contexte d’égalité de concurrence, doit se traduire en plans et prévisions économiquement favorables pour les pêcheurs et les institutions financières à court et à long terme, afin de profiter à ceux qui ont décidé de poursuivre cette activité qui a été le gagne-pain de générations qui nous ont précédés.